Phénomène Kamwina Nsapu à Tshimbulu au Kasaï: Une année déjà

C'est l’histoire d’une étincelle devenue incendie. Il y a un an jour pour jour, la République Démocratique du Congo vivait l’avènement d’une nouvelle milice sur son territoire. C’est la fameuse milice  Kamuina Nsapu.

Nous sommes le 8 Aout 2016 lorsque la cité de Tshimbulu située à quelques kilomètres de la ville de Kananga, Chef lieu de la province du Kasaï central était le  théâtre des attaques sans précédent.

Des attaques sanglantes, résultantes d’une rocambolesque affaire coutumière qui a dégénéré donnant lieu à une très longue série d’attaques.

A la baguette, ce sont des individus réputés détenteurs de pouvoirs mystico fétichistes. Les fameux Kamuina Nsapu.

Ce nom renvoyant au titre donné à l’autorité traditionnelle locale se voit également détourné pour désigner à la fois la situation sur place, et la multitude des miliciens qui sèment horreur et désolation.

La situation on le sait a par la suite pris des proportions inquiétantes au point de déranger la tranquillité légendaire d’une partie du pays pourtant réputée pacifique et non belliqueuse.  Soucieux de la sécurité sur tout le territoire congolais, le gouvernement congolais se penche sur le dossier.

Le 11 août 2016, le Conseil national de sécurité (CNS), mené par le vice-Premier ministre de l’Intérieur de l’époque, Évariste Boshab, se rend sur place.  A cette mission, prend également part une délégation de députés nationaux ressortissant de la province.

Parmi eux se trouve l'opposant Clément Kanku, qui sera par la suite est épinglé pour son soutien au chef Kamuina Nsapu sur la base d'écoutes téléphoniques avec un présumé milicien.  Le député fera même objet officiellement d’ouverture d’une procédure judiciaire de la part du procureur général de la république

Ces attaques ont eu des conséquences fâcheuses sur l’espace Kasaï  tant sur  le plan sécuritaire, économique que sur le processus électoral en cours

Sur le plan sécuritaire

C’est une grande partie de la province du Kasaï central, mais aussi une autre du Kasaï Oriental voisine qui est perturbée par des attaques intempestives de la milice.

En garant de la nation, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila s’y est même rendu pour remettre de l’ordre et communier avec les populations victimes des atrocités.

Des attaques cruelles qui ont vu deux des experts de l’ONU perdre leurs vies sauvagement assassinés par ces inciviques. Un fait qui a d’ailleurs occasionné un tollé général sur le plan international jusqu'à exiger une enquête internationale.

Cette enquête, justement sera menée par la RDC assistée des experts internationaux ainsi en a décidé le Conseil des Droits de l’Homme réuni à Genève au mois de juin dernier.

Autre conséquence non négligeable, c’est la perturbation du processus électoral. En raison du climat peu propice, la CENI s’est vue dans l’obligation de patienter avant de lancer l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs.

Les finalistes du secondaire ont également été contraints de passer leur examens d’état quelques semaines après que prévu.

Depuis, la situation s’est progressivement amélioré. Sur terrain, la tendance est à l’accalmie et à la reprise à la normale en dépit des quelques poches d’indécurité.

Le 17 mars 2017, le Vice Premier Ministre à l’intérieur, Emmanuel Ramazani Shadari annonce la fin du phénomène Kamuina Nsapu et un accord a été trouvé avec la famille pour restaurer la paix. Mission confiée au nouveau chef désigné, en la personne de Jacques Kabeya Ntumba.

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