Italie-Afrique : une première conférence pour renforcer la coopération et le partenariat économique

Il s’est tenu du 18 au 19 mai 2016, à Rome en Italie, la 1ère conférence ministérielle Italie/Afrique sur la paix et la sécurité en Afrique. Durant deux jours, les ministres de 50 pays africains dont le ministre des Affaires  étrangères et de la coopération internationale de la République Démocratique du Congo, Raymond Tshibanda ont pris part aux travaux de cette conférence, en vue de renforcer la coopération et le partenariat économique entre l’Afrique et l’Italie.

 


Les questions de développement durable, de la paix et de la sécurité, les migrations  ainsi que la lutte contre la pauvreté ont été largement examinées en quatre panels de discussions. Les participants ont  aussi examiné  les défis communs  à relever sur les questions économiques, la gestion des flux migratoires, le  développement durable et la lutte contre l’extrémisme violent qui hypothèque la paix et la sécurité en Afrique.


Dans son intervention au  cours des travaux en panel de discussions, le chef de la diplomatie congolaise a plaidé pour des investissements frais en RDC, notamment en faveur du projet du «Grand Inga», source d’énergie électrique  dont l’Afrique a besoin, du fait que sans énergie, il est difficile de relever les défis majeurs  du développement durable.


Le Président de la République d’Italie, Sergio Mattarella, a salué le nouveau partenariat de coopération au développement  entre le continent africain et son pays, rappelant que l’Italie a beaucoup à donner à l’Afrique, dans le cadre d’un développement durable et partagé, dont l’objectif principal est le renforcement de la coopération entre l’Italie et l’Afrique. «De par sa condition géographique, son histoire et sa culture, l’Italie est un pont entre l’Afrique et l’Europe. C’est un pont libre de tous les préjugés, respectueux de la spécificité des interlocuteurs et prêt au face-à-face pragmatique et ouvert», a souligné le Président italien, ajoutant que son pays se tient aux côtés du continent africain par la multitude des projets qu’il mène, sur fonds gouvernementaux ou associatifs, «à travers un réseau serré de volontaires, caractéristique importante de l’Italie et de son peuple ».

Il a soutenu que les ambitions de son pays en matière de développement durable rencontraient harmonieusement la vision des Nations Unies et de l’Union africaine en la matière. «L’instruction, la formation, l’acquisition et la valorisation des compétences par la population, à commencer par la population féminine dont le potentiel ne s’est pas encore largement exprimé, et par les jeunes, constituent les objectifs vers lesquels nous pouvons et devons tendre ensemble dans la recherche commune d’un développement durable et inclusif», a-t-il déclaré.


Il a cité en exemple l’Exposition universelle de Milan, de mai à octobre 2015 dans la capitale économique italienne, qui a montré au monde les solutions pragmatiques pour lutter contre la faim, l’Afrique y ayant été représentée en force. Pour sa part, le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a déclaré que : «aujourd’hui nous avons besoin les uns des autres, nous sommes prêts à offrir notre amitié pour l’adoption d’une stratégie commune à long terme dans le cadre de la migration compacte, en vue d’investir dans la promotion de nos valeurs fondamentales, dans l’éducation et la dignité humaine».


Le ministre des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni a souligné que c’est ensemble avec l’Afrique que l’Italie entend lutter contre les défis du moment qui sont, certes, dans la croissance économique mais aussi dans l’anéantissement de la menace de plus en plus ouverte du terrorisme. «Le mouvement de l’Etat islamique a pris pied en Libye, à 300 kilomètres de l’Italie. Une telle réalité oblige à ne plus regarder son nombril ou à détourner son regard. L’Italie veut faire de l’Afrique sa première zone de référence», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, estimant que «l’Afrique est tout, sauf un continent perdu».


Il a, par ailleurs, expliqué la vision italienne de la coopération internationale : «rendre toujours plus cohérente notre politique extérieure avec notre histoire et notre géographie». Pour cela, «rien de doit être laissé au hasard», ainsi que l’ont démontré les deux premières visites à l’étranger du président Mattarella et du premier ministre Matteo Renzi qui ont été réservées à l’Afrique. Il a renouvelé l’engagement de son pays d’accompagner l’Afrique dans sa quête de développement durable.
La présidente de la commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma a dans son mot de clôture salué ce dialogue Italie-Afrique, qui a été selon elle, fructueux, tout en précisant que l’Afrique est décidée à changer sa destinée dans le cadre de l’agenda 2063.


Pour Mme Dlamini Zuma, lutter durablement contre la pauvreté, pour la création d’emplois, le renforcement de la paix et de la sécurité et le développement des infrastructures permettra de lutter efficacement contre le phénomène des migrations des jeunes de l’Afrique vers l’Europe.

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