Maréchal Mobutu, il ya vingt ans passés depuis sa fuite

Le 16 mai 1997, la ville de Kinshasa se réveillé dans la peur suite à la guerre éclaire menée par Laurent-Désiré Kabila, soutenu par ses parrains rwandais et ougandais. Certains espèrent que les Forces armées zaïroises (FAZ) relèveront la tête pour défendre la capitale.  Mais la guerre de Kinshasa n’aura pas lieu car  le Léopard du Zaïre, le Maréchal Mobutu, très tôt matin  embarque dans un avion à destination de ses terres de Gbadolite, dans la province de l’Équateur.

Et les hommes de Laurent  Kabila n’entreront dans la ville qu’après le départ de Mobutu Sese Seko. Ce jour là, le 16 mai 1997, une longue escorte quitte le camp Tshatshi, la résidence officielle du président Mobutu, et se dirige à vive allure vers l’aéroport de Ndjili en destination de Gbadolite qui ne sera qu’une étape.  Car le lendemain, Mobutu Sese Seko, sous la pression des événements, il est contraint de prendre un autre vol pour Lomé. À l’aéroport de Moanda, près de Gbadolite, des soldats désespérés tirent sur l’appareil, sans pouvoir l’endommager. Le même jour, en fin d’après-midi, les rebelles prennent Kinshasa. Le 7 septembre 1997, l’ex-président s’éteint à Rabat, au Maroc après 32 ans de règne.

Apres trente-deux ans (1965-1997), Mobutu régna d'une main de fer sur le Congo/Zaïre. Une dictature souvent féroce alliant les crimes de sang, la corruption matérielle et morale, et le pillage éhonté des richesses nationales. L'Histoire porte sur Mobutu un verdict accablant. L'homme à la toque de léopard n'était pourtant pas un vulgaire tyran : cet ami de l'Occident a joué, pendant la guerre froide, un rôle stratégique de premier plan, promouvant son pays en " rempart du communisme " en Afrique.

Arrivé au pouvoir dans le sillage d'une guerre civile impitoyable, il n'eut de cesse de maintenir l'unité, souvent menacée, du Congo/Zaïre, immense puzzle ethnique aux quelque quatre cent tribus. Mais il voulut faire plus : doter son peuple d'une conscience nationale en exaltant son identité, ses racines et ses traditions. Ce fut le recours à " l'authenticité ", une opération singulière, et qui se voulait salubre, de désaliénation mentale.

Cette révolution culturelle s'accompagna, jusqu'à l'extravagance, d'une glorification du " Guide suprême ". Les aléas de l'économie mondiale aggravés par une gestion catastrophique de l'Etat plongèrent le peuple zaïrois dans la misère et obligèrent Mobutu à " démocratiser " à regret son régime. Il se cramponna longtemps à son trône. La maladie et une invasion étrangère le contraignirent de fuir pitoyablement son pays, avant de mourir en exil.
C'était il y a juste vingt ans.


 

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